Rapport final du Comité des ressources médicales
Régie régionale de la santé 2

Juin 2003

TABLE DES MATIÈRES

1.0

Résumé

2.0

Introduction

3.0

Démarche

4.0

Contexte

4.1

Canada

4.1.1

Effectifs médicaux

4.1.2

Facteurs et questions qui ont une incidence sur les effectifs médicaux

4.1.3

Stratégies de recrutement et de maintien du personnel médical

4.1.3.1

Programmes provinciaux

4.1.3.2

Régies régionales de la santé

4.1.3.3

Conseils municipaux

4.1.3.4

Partenariats collectivités-secteur privé

4.2

Nouveau-Brunswick

4.2.1

Perspective historique

4.2.2

Stratégies

4.3

Corporation des sciences de la santé de l’Atlantique – Régie régionale de la santé 2

4.3.1

Profil des médecins de la CSSA

4.3.2

Démarches en cours

4.3.3

Situation actuelle

5.0

Recommandations

5.1

La CSSA et les collectivités régionales

5.2

La CSSA et les stagiaires qui séjournent dans la RRS2

5.3

La CSSA et les médecins qui exercent dans la région; et les nouveaux médecins susceptibles de venir exercer en région.

5.4

La CSSA et le ministère provincial de la Santé et du Mieux-être

6.0

Conclusion

7.0

Bibliographie

Annexe A

Comité des ressources médicales – Thèmes abordés et suggestions

Annexe B

Résumé du recrutement par service, département et établissement

1.0  Résumé

« Dans l’ensemble du Canada, les provinces et les territoires recherchent activement les meilleurs moyens de former, de recruter et de maintenir en fonction les professionnels de la santé, ainsi que de les inciter à exercer dans les collectivités rurales et éloignées. À ce titre, les provinces et les territoires se livrent une compétition acharnée et, à maints égards, contre-productive ».

Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada, (p.100, Romanow, 2002)

La gestion des ressources médicales est perçue comme un facteur déterminant de la planification des services de santé. Les organismes de santé doivent planifier et gérer leurs effectifs médicaux dans un contexte de ressources limitées, et mettre davantage l’accent sur la prévention, la promotion de la santé, la participation des collectivités, les résultats à rechercher en santé, et l’exercice de la profession en collaboration, pour ne mentionner que quelques-uns des facteurs à considérer (Graham, 2002).

Le problème d’un bassin de professionnels suffisant dans le réseau de la santé existe depuis un certain temps déjà. Ce rapport traite de la question des effectifs médicaux à la Corporation des sciences de la santé de l’Atlantique, dans la Régie régionale de la santé 2 du Nouveau-Brunswick, en particulier du point de vue des problèmes de recrutement et de maintien du personnel.

Les problèmes soulevés par les ressources médicales à la CSSA sont les mêmes que ceux qui touchent aux effectifs médicaux partout au pays. Mentionnons entre autres :

  • le vieillissement du personnel médical;
  • le sexe (plus de femmes médecins qui doivent composer avec des contraintes familiales et l’exercice de la profession);
  • les domaines de spécialité choisis et les possibilités de formation;
  • les demandes cliniques;
  • les besoins et la taille des collectivités servies;
  • le nombre de finissants des écoles de médecine;
  • le lieu d’obtention du diplôme de médecine;
  • la charge de travail de la pratique;
  • le mode de rémunération et les honoraires;
  • la disponibilité de diplômés en médecine de l’étranger en mesure de combler les besoins des collectivités.

Les collectivités canadiennes se livrent une vive concurrence pour obtenir des ressources rares en médecins compétents. Les stratégies de recrutement et de maintien du personnel médical sont élaborées et mises en œuvre par les gouvernements provinciaux et municipaux, les régies régionales de la santé et les associations professionnelles, et elles sont soutenues (dans de nombreux cas) par le secteur privé dans la collectivité. Ces stratégies ont visé au premier chef les nouveaux médecins et ceux en exercice; puis les médecins résidents et les étudiants en médecine.

Par l’entremise du ministère de la Santé et du Mieux-être, le gouvernement du Nouveau-Brunswick assume la pleine responsabilité en ce qui a trait au nombre et à la répartition des médecins autorisés à exercer au Nouveau-Brunswick. Cette situation a des répercussions directes sur la capacité de la CSSA à recruter des médecins dans la région. Le recrutement et le maintien des médecins dans la province relève d’une macro-planification des effectifs médicaux et ces stratégies sont normalement motivées par le désir de gérer les dépenses en effectifs médicaux à l’échelle de la province, de manière à garantir l’affectation des ressources médicales dans des régions où les services médicaux laissent à désirer (Graham, 2002).

Le problème actuel des ressources médicales partout au Canada a fait en sorte que le public doute de la capacité future des instances responsables à garantir la disponibilité soutenue de soins de santé de qualité. Le sous-comité des ressources médicales du comité médical consultatif de la CSSA a été créé en 2001 et a travaillé à l’élaboration d’un plan stratégique de gestion des ressources médicales. Un des premiers gestes qu’a posés le conseil d’administration de la RRS2 à sa création en 2002 a été de former un Comité des ressources médicales (CRM). Ce comité avait pour mandat d’écouter les préoccupations des citoyens et de trouver d’autres moyens de régler les difficultés en matière de recrutement des médecins en région et dans les collectivités. Le comité devait ensuite formuler des recommandations au conseil d’administration de la Régie régionale en matière de stratégies et de mesures de recrutement de médecins.

Carole Fournier, membre du conseil d’administration de la RRS2, présidait le Comité des ressources médicales, qui se composait également d’autres membres du conseil d’administration. Entre octobre 2002 et avril 2003, le comité a examiné les questions suivantes :

  • les facteurs à l’origine des pénuries de médecins et la situation observée dans la région;
  • la perspective qu’adoptent les étudiants en médecine dans le choix de la discipline et l’établissement d’une clientèle;
  • le point de vue des médecins qui exercent actuellement;
  • les besoins et les perspectives des collectivités de la RRS2, en ce qui a trait aux ressources médicales;
  • le rôle de la conseillère provinciale en ressources médicales;
  • la recherche d’une meilleure compréhension des stratégies actuelles de gestion des ressources médicales; et
  • la production d’un document d’information servant à définir les problèmes de recrutement et de maintien du personnel et qui permettrait de décrire la situation de la CSSA dans le contexte des réflexions qui ont cours aux plans provincial et national.

Après sa ronde de consultations et l’examen du document d’information, le comité a pris part à un atelier qui visait l’élaboration de recommandations à présenter dans le rapport final. Au cours de cet exercice, le comité a été prié de dresser la liste des points saillants de la consultation et de débattre des points soulevés. Les membres du comité ont également été priés d’examiner en petits groupes les recommandations présentées pendant la consultation. On a réparti ensuite en principaux thèmes les recommandations formulées au cours des rencontres publiques ayant eu lieu dans les comtés d’Eastern Charlotte, de Saint John, Sussex et Western Charlotte, ainsi que celles issues des rencontres de la région 2 et des médecins résidents. Le travail en petites équipes a porté sur la délimitation des responsabilités de chacun et l’établissement d’un calendrier de présentation des recommandations. Les domaines de responsabilité visés par les recommandations étaient la collectivité, la RRS, et l’ensemble de la province. Les calendriers proposés étaient dans l’immédiat, dans un an, ou au cours des cinq prochaines années. Chaque groupe a dû se pencher sur ce qu’il faut accomplir, sur ce qu’il faudrait accomplir, et sur ce qu’il serait possible d’accomplir. Après l’atelier, le comité a passé en revue le travail accompli, a compilé les observations, puis élaboré des recommandations.

La CSSA traitera le problème des ressources médicales (dont notamment les problèmes de recrutement et de maintien) par l’entremise de son conseil d’administration, de sa direction et de son personnel médical. L’embauche d’un coordonnateur des ressources médicales en avril 2003 est une autre mesure judicieuse qui permettra de donner suite à ces recommandations.

Les idées et les problèmes soulevés dans ce rapport proviennent des travaux du Comité des ressources médicales. Ces directives portent entre autres sur toute la gamme des relations observées et dont il importe de tenir compte pour aborder le problème des ressources médicales dans la région. Certaines recommandations concernent les rapports entre la CSSA et :

  • les collectivités de la région;
  • les stagiaires (les médecins résidents et les étudiants en médecine) qui séjournent dans la RRS2;
  • les médecins qui exercent actuellement dans la région;
  • les nouveaux médecins susceptibles de commencer à exercer dans la région; et
  • le ministère provincial de la Santé et du Mieux-être.

Il importe par ailleurs de noter la redondance de certains éléments de ces recommandations. L’association d’une stratégie donnée à une recommandation ne diminue en rien l’importance du rôle qu’elle peut jouer dans toute autre recommandation.

Recommendations

  1. Communication

Considérations générales
À la lumière de l’analyse de l’information et des observations reçues, un des thèmes qui a souvent fait surface a été la « communication ». D’aucuns étaient d’avis qu’une communication plus ouverte entre la RRS2 et les collectivités de la région pourrait encourager et faciliter le recrutement. On estime qu’une bonne communication permet d’établir un cadre ou un plan solide, dont les stratégies sont soutenues par toutes les parties concernées. Des intervenants ont exprimé le souhait d’une meilleure communication et d’un meilleur échange des connaissances à tous les niveaux : entre les collectivités, la RRS et le gouvernement.

Recommendation:

Que la CSSA établisse et soutienne un plan de communication avec les collectivités et les groupes communautaires susceptible :

      • d’améliorer la communication et l’échange des connaissances entre toutes les parties concernées par les ressources médicales; et
      • de faciliter les efforts de recrutement et de maintien du personnel médical dans les collectivités.
  1. Collectivités

Considérations générales
La consultation entreprise par ce comité a aussi mis en lumière la valeur de la participation et de la collaboration. Certes, la Régie régionale de la santé 2 a la responsabilité des principales mesures en termes de recrutement et de maintien. Il est cependant vite apparu manifeste que les collectivités sont animées d’un vif désir et d’un engagement à accroître les effectifs médicaux dans la région.

Recommendation:

Que la CSSA soutienne et oriente les efforts des collectivités dans l’élaboration et l’adoption de plans d’action locaux pour le recrutement et le maintien des médecins, conformément aux directives du ministère de la Santé et du Mieux-être et de la CSSA.

  1. Médecins résidents et étudiants en médecine

Considérations générales
En sa qualité d’établissement d’enseignement, la CSSA a la possibilité d’affecter ses médecins résidents et ses étudiants en médecine dans les diverses installations et ses divers programmes. Ainsi, plus de 150 médecins résidents en médecine familiale du Collège royal et 50 étudiants en médecine participent chaque année à une rotation de base, sélectionnée et facultative, environ 50 médecins étant en détachement de rotation à tout moment. Les stagiaires en médecine détachés contribuent aux soins de qualité aux patients, de même qu’à la formation continue du personnel. Ils sont également une autre source de recrutement possible.

Recommendation:

Que le personnel médical, la direction et le conseil d’administration de la CSSA tirent profit de toutes les possibilités offertes d’établir de bons rapports avec les médecins résidents et les étudiants en médecine affectés aux établissements de la région.

  1. Étudiants en médecine

Considérations générales
Il devient de plus en plus manifeste que « la personnalisation » est un outil de marketing important. À vrai dire, au moment de recruter des médecins, nous faisons effectivement la promotion de nos établissements, de nos collectivités et de nos gens auprès des candidats pressentis. Nos efforts de recrutement qui ont connu le plus de succès à ce jour ont été ceux qui ont visé les anciens résidents du Nouveau-Brunswick, pour les amener à revenir dans la province. Un intérêt manifesté dans le cheminement professionnel de nos jeunes gens pendant leurs études peut aider dans une large mesure à personnaliser les efforts de recrutement des futurs médecins résidents.

Recommendation:

Que la CSSA communique avec les étudiants des écoles de médecine canadiennes susceptibles de venir séjourner dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick pour y suivre une formation de base, sélectionnée ou facultative, ou encore pour venir y exercer la médecine.

  1. Recrutement et maintien

Considérations générales
Un autre thème soulevé par la consultation a été qu’aucun recrutement ne s’opère en vase clos. Bien que tous s’entendent pour dire que les médecins sont bien placés pour recruter de nouveaux collègues, des intervenants se sont dits préoccupés par le fait que cette façon de procéder créait sans doute des attentes trop élevées quant au rôle qu’est appelé à jouer le département de la médecine familiale.

Recommendation:

Que la CSSA évalue les modalités actuelles de recrutement et de maintien des médecins, dans le but de rechercher des points à améliorer.

  1.  Partenariat provincial

Considérations générales
Par des discussions avec les groupes communautaires, il a été établi que des municipalités peuvent à l’occasion se considérer comme laissées pour compte dans les discussions sur les besoins de réforme des soins de santé aux niveaux provincial et fédéral. De nombreux participants ont proposé que la CSSA devrait agir comme « porte-étendard » de la région et évoquer activement les problèmes et les questions de soins de santé des collectivités de la région auprès des instances décisionnelles.

Recommendation:

Que la CSSA aide les collectivités à se faire entendre sur les questions de santé auprès des décideurs provinciaux; et qu’elle rende compte des suites données aux problèmes soulevés.

  1. Modèles d’exercice de la profession

Considérations générales
Même si le mandat initial du comité a surtout porté sur le recrutement et le maintien des médecins dans la région, les problèmes actuels d’accès aux médecins de famille ont souvent soulevé des discussions sur la recherche d’autres moyens d’accéder aux soins de santé de première ligne. À de nombreuses occasions, les cas des centres de santé communautaires, qui font appel à des modèles de soins prodigués par des équipes multidisciplinaires, ont été cités comme autant de nouvelles façons de rendre plus accessibles les soins de santé de première ligne. Les discussions ont aussi porté sur le fait qu’un grand nombre de jeunes médecins en début d’exercice sont très ouverts à un modèle de soins axé sur le principe des équipes multidisciplinaires (surtout en région rurale), ce qui pourrait faire de ce modèle d’exercice de la profession un outil de recrutement des plus intéressants.

Recommendation:

Que la CSSA soutienne :

        • la recherche d’autres modèles d’exercice de la profession; et
        • les modèles actuels des équipes multidisciplinaires (qui correspondront au choix des nouveaux médecins).

2.0  Introduction 

Malgré des années d’études, pourquoi semble-t-il y avoir si peu de progrès? Les chercheurs ont traditionnellement qualifié la planification des ressources humaines en santé comme un « feuilleton télévisé classique de politique publique. Si les spectateurs cessent de regarder les épisodes pendant quelques années, il y a de bonnes chances que peu de changements se seront produits à leur retour devant le petit écran ».

(Barer, Wood et Schneider, 1999)

Le problème du manque d’effectifs professionnels suffisants pour accomplir le travail en santé perdure depuis un certain temps déjà. Ce rapport traitera du problème des ressources médicales à la Corporation des sciences de la santé (CSSA), dans la Régie régionale de la santé 2 (RRS2), et plus particulièrement des questions de recrutement et de maintien du personnel médical, ainsi que de la mise en contexte de la situation de la CSSA, relativement au débat provincial et national sur ces questions.

En avril 2002, le Gouvernement du Nouveau-Brunswick a créé par une législation les régies régionales de la santé (RRS) du Nouveau-Brunswick. Ces RRS ont la responsabilité d’orienter la prestation des services de santé sur le territoire servi. Le conseil d’administration de la RRS2 guide la prestation des services, dans une perspective de soins de santé de qualité accessibles dans toutes les collectivités du sud-ouest du Nouveau-Brunswick.

Le problème actuel des ressources médicales partout au Canada a fait en sorte que le public doute de la capacité future des instances responsables à garantir la disponibilité soutenue de soins de santé de qualité. Le sous-comité des ressources médicales du comité médical consultatif de la CSSA a été créé en 2001 et a travaillé à l’élaboration d’un plan stratégique de gestion des ressources médicales. Un des premiers gestes qu’a posés le conseil d’administration de la RRS2 à sa création en 2002 a été de former un Comité des ressources médicales (CRM). Ce comité avait pour mandat d’écouter les préoccupations des citoyens et de trouver d’autres moyens de régler les difficultés en matière de recrutement des médecins en région et dans les collectivités. Le comité devait ensuite formuler des recommandations au conseil d’administration de la Régie régionale en matière de stratégies et de mesures de recrutement de médecins.


3.0  Démarche

La présidence du Comité des ressources médicales a été confiée à Carole Fournier, membre du conseil d’administration de la RRS2, et les personnes suivantes étaient les autres membres du comité :

  • Robert Brown, maire de St. Stephen
  • Patricia Crowdis, directrice des communications et des relations avec les médias
  • Ed Farren (a participé à deux rencontres, au nom de la mairesse Shirley McAlary)
  • Floyd Haley, conseiller municipal à la ville de St. Stephen
  • Dr David Henderson, personnel médical, RRS2
  • Muriel Jarvis, représentante du Saint John Board of Trade
  • Erma MacAulay, membre du conseil d’administration, RRS2
  • John Malone, Sussex (N.-B.)
  • Shirley McAlary, mairesse de Saint John
  • Bob McVicar, représentant du Saint John Board of Trade
  • Dora Nicinski, présidente-directrice générale, RRS2
  • Dr James O’Brien, chef du personnel médical
  • Dr Robert Rae, personnel médical, RRS2
  • Todd Stephen, membre du conseil d’administration, RRS2
  • Donna Walsh, ancien membre de la corporation hospitalière régionale
  • Wayne Wamboldt, membre du conseil d’administration, RRS2

Le comité a tenu sa première réunion le mardi 8 octobre 2003[sic]. Il s’agissait d’une première rencontre d’information et d’orientation pour les membres du comité. Le docteur James O’Brien a fait un bref survol des difficultés actuelles en matière de planification et de recrutement du personnel médical.

Les membres du CRM ont rencontré huit médecins résidents le 16 octobre 2002[sic]. Cette rencontre officieuse visait deux objectifs. Il s’agissait d’abord de connaître les motivations et les raisons ayant incité les étudiants en médecine à choisir leur discipline. Deuxièmement, les membres voulaient discuter des facteurs dont ont tenu compte les médecins résidents dans leur décision de choisir l’endroit où ils allaient exercer.

En novembre, le comité a rencontré cinq membres du personnel médical. Ces médecins ont précisé comment, à leur avis, la RRS2 devait s’y prendre pour susciter l’intérêt de futurs médecins, les recruter et les maintenir dans la région. Ils ont également pu aider les membres du comité à mieux comprendre les besoins des médecins en exercice dans la région.

Le Comité des ressources médicales s’est réuni en décembre pour discuter des modalités de consultation des citoyens de la Régie régionale de la santé 2. Les membres ont convenu d’organiser quatre groupes de discussion dans les collectivités en février 2003.

Les membres du comité ont rencontré en janvier 2003 la conseillère provinciale en ressources médicales, Lyne St-Pierre-Ellis. Lyne St-Pierre-Ellis a alors précisé son rôle, et l’étendue de ses liens avec la RRS2. La publication « Nouveau-Brunswick, province conviviale pour les médecins. Approche globale au recrutement et au maintien des ressources médicales » a été distribuée à tous les membres du comité.

La présidente du CRM, Carole Fournier, et le chef du personnel médical, le docteur James O’Brien, ont rencontré près de 100 citoyens de la région 2, dans le cadre des groupes de discussion dans les collectivités d’Eastern Charlotte et de Western Charlotte, de Saint John, et de Sussex. Ces rencontres ont permis aux membres du comité de mieux comprendre les besoins et les attentes des citoyens de la région. Un grand nombre de recommandations judicieuses ont alors été formulées.

En janvier 2003, les services de planification de la RRS2 ont produit un document d’information sur les ressources médicales. Ce document traitait du problème des ressources médicales à la CSSA et dans la RRS2, en particulier des difficultés de recrutement et de maintien, et de la mise en contexte de la situation de la CSSA en regard des réflexions en cours aux niveaux provincial et national.

Dans le document d’information, il a été établi que les problèmes de ressources médicales de la CSSA sont identiques à ceux que vivent les autres régions du Canada. Le rapport a fait état du contexte historique canadien, y compris l’évolution de la situation actuelle, à la lumière des recommandations formulées au cours des 20 dernières années. Les auteurs du rapport ont examiné les chiffres et l’information sur la situation provinciale, puis ont cerné les problèmes particuliers observés dans la RRS2. Le rapport ne contenait pas de recommandations, car le Comité des ressources médicales poursuivait alors sa ronde de consultations. Ce document d’information a été présenté au comité à sa réunion du 25 février 2003 (voir la section 4.0 sur le contexte).

Après la consultation et l’examen du document d’information, le comité a demandé la tenue d’un atelier pour la formulation de recommandations à insérer dans le rapport final. Cet atelier a eu lieu le 19 mars 2003. Pendant l’atelier, les membres du comité ont été priés d’énoncer les points saillants de la ronde de consultation et des discussions ont suivi sur les questions soulevées.

Les participants à l’atelier ont été priés d’examiner en petits groupes les recommandations présentées pendant la consultation. On a réparti ensuite en principaux thèmes les recommandations formulées au cours des rencontres publiques d’Eastern Charlotte, de Saint John, Sussex et Western Charlotte, ainsi que celles issues des rencontres de la région 2 et des médecins résidents (on trouvera à l’Annexe A la liste de ces thèmes et de ces suggestions du Comité des ressources médicales). Le travail en petites équipes a porté sur la délimitation des responsabilités de chacun et l’établissement d’un calendrier de présentation des recommandations. Les domaines de responsabilité visés par les recommandations étaient la collectivité, la RRS et l’ensemble de la province. Les calendriers proposés étaient dans l’immédiat, dans un an, ou au cours des cinq prochaines années. Chaque groupe a dû se pencher sur ce qu’il faut accomplir, sur ce qu’il faudrait accomplir et sur ce qu’il serait possible d’accomplir.

Après l’atelier, le travail produit par les petits groupes a été examiné et compilé en assemblée plénière. Les recommandations précises issues de cet exercice apparaissent dans la section 5.0 du présent rapport.


4.0  Contexte

Les problèmes de ressources médicales de la CSSA sont identiques à ceux des effectifs médicaux partout au Canada. Pour bien situer les problèmes inhérents au contexte de la RRS2, il est utile d’examiner en premier lieu la perspective historique dans l’ensemble du pays, puis, en deuxième lieu, les chiffres et l’information se rapportant aux effectifs médicaux du Nouveau-Brunswick.

La gestion des ressources médicales est perçue comme un facteur déterminant de la planification des services de santé. Les organismes de santé doivent planifier et gérer leurs effectifs médicaux dans un contexte de ressources limitées, et mettre davantage l’accent sur la prévention, la promotion de la santé, la participation des collectivités, les résultats à rechercher en santé, et l’exercice de la profession en collaboration, pour ne mentionner que quelques-uns des facteurs à considérer (Graham, 2002).

4.1  La situation au Canada

« Depuis une vingtaine d’années, les modalités de prestation des services de santé n’ont cessé d’évoluer alors même que les provinces et les territoires tentaient de limiter les coûts. Cette situation a imposé un lourd fardeau aux professionnels de la santé canadiens. Bien que les problèmes varient d’un groupe de professionnels à l’autre, le malaise est généralisé, et il est souvent arrivé que l’insatisfaction initiale se soit muée en franche colère et en profond ressentiment. Les Canadiens sont constamment confrontés à ces problèmes, que ce soit à travers leur expérience avec le système de santé ou par le biais de reportages des médias faisant état de la dernière « crise » dans le secteur de la santé ».

Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada (p. 100, Romanow, 2002)

4.1.1 Effectifs médicaux

Comme le soulignait plus loin le commissaire Romanow dans son rapport final sur l’avenir des soins de santé au Canada,

Au Canada, le nombre de médecins généralistes pour 100 000 habitants est passé de 76,4 en 1980 à 101,5 en 1993. En 1999, ce nombre avait chuté à 94,0 (soit un médecin pour 1 063 personnes), mais il a augmenté de façon soutenue depuis (voir figure 4.3 et carte 4.1). La situation est passablement différente en ce qui concerne les spécialistes. Entre 1980 et 1994, on avait observé une hausse constante du nombre de spécialistes, qui était passé de 74,7 à 90,0 pour 100 000 habitants. Après un léger déclin en 1995-1996, ce nombre avait repris sa progression régulière pour atteindre 92,7 pour 100 000 habitants en 2001 (soit un médecin spécialiste pour 1 077 personnes), un sommet sans précédent depuis plus de vingt ans (Romanow, 2002).

Dans le rapport du Sénat sur l’avenir des soins de santé, le sénateur Kirby mentionne une augmentation du nombre total de médecins au Canada entre 1996 et 2000. Cela comprend une hausse de 7,4 % du nombre de spécialistes, et une augmentation de 3,2 % des médecins de famille. Pendant cette période, la population canadienne a cependant augmenté de 3,5 %, ce qui s’est par contre traduit par un ratio moindre des médecins de famille par habitant, qui est passé de 95 :100 000 à 94 :100 000 (Kirby, 2002).

Au cours de la période comprise entre 1989 et 1998, on a observé une très faible diminution (baisse de 0,5 %) du ratio global de médecins par 100 000 habitants (Kirby, 2002). Toutefois, l’examen du nombre moyen de médecins par tranches de population ne révèle qu’une partie de la situation. Dans les provinces et les territoires, il existe des différences appréciables entre les effectifs de médecins de famille et d’omnipraticiens (Romanow, 2002). Les disparités régionales et les pénuries de médecins font en sorte que les patients doivent se déplacer pour se rendre là où les services sont susceptibles d’être offerts, et il se peut aussi que les gens ne se déplacent pas (Kirby, 2002).

Les associations médicales et de nombreuses collectivités font état de graves problèmes dans la satisfaction des besoins en médecins. Par contre, d’autres études laissent entendre que le consensus est beaucoup moins clair pour ce qui est de la reconnaissance d’une situation de crise dans les effectifs médicaux au pays. Dans un rapport récent produit pour l’Institut canadien d’information sur la santé, les auteurs ont suggéré que la pénurie apparente tient plus aux perceptions qu’à la réalité. Par ailleurs, l’accès aux médecins et aux spécialistes varie considérablement d’une région à l’autre du pays, et certaines collectivités n’ont même pas les effectifs voulus en professionnels de la santé pour garantir l’accès aux services de santé de base (Romanow, 2002).

Le tableau que voici illustre le nombre de médecins au Canada et leur migration pendant l’année 2001. Une des réserves au sujet de ces données tient à ce qu’elles proviennent de questionnaires remplis par les médecins. Il s’ensuit que l’information non recueillie dans le cadre de l’enquête ne figurerait donc pas dans les données chiffrées.

Nombre et migration de médecins - Canada, 2001(Institut canadien d'information sur la santé, 2002)

Canada - 2001

NOMBRE

 

Nombre total de médecins

58,546

Médecins de famille

29,627

Spécialistes

28,919

Nombre total de médecins par 100 000 habitants

188

Médecins de famille

95

Spécialistes

93

Âge moyen

Médecins de famille

46.4

Spécialistes

48.8

Sexe (*)

Hommes

Médecins de famille

19,167

Spécialistes

21,646

Femmes

Médecins de famille

10,381

Spécialistes

7,249

Spécialité

Médecins de famille

29,627

Spécialistes

Spécialistes cliniques

19,656

Spécialistes de laboratoire

1,443

Chirurgiens spécialistes

7,769

Chercheurs en médecine

51

Années écoulées depuis le diplôme en médecine

1 à  5

3,335

6 à 10

7,665

11 à 25

26,843

26 à 30

7,370

31 à 35

5,420

36 et +

7,913

Lieu d’obtention du diplôme en médecine (**)

Au Canada

Médecins de famille

22,883

Spécialistes

22,131

À l’étranger

Médecins de famille

6,516

Spécialistes

6,782

MIGRATION

 

Déménagement à l’étranger

Médecins de famille

172

Spécialistes

437

Retour de l’étranger

Médecins de famille

138

Spécialistes

196

(Source : ICIS)

Remarque – comprend les médecins en contextes clinique et non clinique Exclut les médecins résidents et les médecins dont le nom « n’est pas publié » (*) Exclut les médecins dont le sexe n’est pas connu. (**) Exclut les médecins dont le lieu d’obtention du diplôme en médecine est inconnu s/o – sans objet

Au 31 décembre de l’année en cause.

 

4.1.2  Facteurs et questions qui ont une incidence sur les effectifs médicaux

Il y a plusieurs facteurs et problèmes précis qui ont une incidence sur les effectifs médicaux au Canada. Mentionnons entre autres l’âge, le sexe et le domaine de spécialité du médecin, les demandes cliniques, les besoins et la taille de la collectivité servie, le nombre de finissants en médecine, le lieu d’obtention du diplôme en médecine, ainsi que la charge de travail. Les autres facteurs comprennent : l’échelle de rémunération et la disponibilité de diplômés en médecine de l’étranger (Romanow, 2002).

Âge
Entre 1996 et 2000, l’âge moyen des médecins est passé de 46,4 à 47,5 ans. Compte tenu de l’évolution démographique canadienne, il y a fort à parier que d’ici 2024, 40 % de tous les effectifs médicaux auront dépassé l’âge de 55 ans (Kirby, 2002).

Sexe
À l’heure actuelle, plus de la moitié des étudiants en médecine du Canada sont des femmes (Kirby, 2002). En 2000, les femmes comptaient pour près de la moitié (49,6 %) de tous les étudiants qui obtiennent un diplôme en médecine, soit une augmentation par rapport à 1980, alors que seulement 32 % des diplômés étaient des femmes (Romanow, 2002). Entre 1993 et 2000, le nombre de femmes médecins qui exercent est passé de 25 % à 29 %. On estime que d’ici 2015, 40 % des effectifs médicaux se composeront de femmes (Kirby, 2002). Cette évolution de la composition masculine et féminine des effectifs médicaux a eu un impact et a créé de nouvelles tendances en pratique médicale, car un plus grand nombre de femmes médecins choisissent la médecine générale et la médecine familiale, comparativement à leurs homologues masculins, qui favoriseraient davantage les domaines de spécialité (Romanow, 2002). En outre, par rapport aux hommes, les femmes médecins travaillent en règle générale moins d’heures par semaine (48,2, comparativement à 55,5 heures par semaine, (Kirby, 2002)).

Charge de travail
Des témoins au Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie ont déclaré que les médecins sont actuellement aux prises avec une forte charge de travail. Au Canada, les médecins travaillent en moyenne chaque semaine 53 heures, en plus de 25 heures supplémentaires en service de garde. Qui plus est, des témoins ont dit qu’il y avait environ 2 000 médecins qui ne partagent pas le service de garde. Il s’ensuit que ces médecins sont « de garde 24 heures sur 24, sept jours par semaine, pendant 52 semaines » (Kirby, 2002). De plus, avec le vieillissement des effectifs médicaux, un nombre croissant de médecins ne voudront plus travailler pendant de si longues heures ou ne le pourront plus. En ce qui a trait au sexe et à l’âge, les femmes médecins et les jeunes diplômés en médecine ont exprimé le souhait d’un « mode de vie plus sain et équilibré », et peuvent décider de ne pas travailler un si grand nombre d’heures par semaine (Kirby, 2002).

Domaines de spécialité
Il n’y a eu aucun changement dans l’exercice de la profession. Cette observation vaut tout particulièrement pour la médecine familiale. Les médecins de la région travaillent moins d’heures supplémentaires ou sont moins souvent en service de garde, comparativement à la situation antérieure. Il y a une plus grande sous-spécialisation, tandis qu’on observe un déclin des autres volets de la médecine familiale (quarts de travail en salle d’urgence, visites dans les foyers d’accueil, et visites à domicile). De plus, il y a un écart dans les niveaux de service offerts en zone rurale, comparativement au panier de services offerts en zone urbaine. En région rurale, les médecins de famille offrent effectivement un panier de services plus grand que leurs homologues urbains (ce qui s’expliquerait sans doute par le moins grand nombre de spécialistes en région - Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques, 2002).

Diplômés des écoles de médecine
Dans leur rapport de 1991, Barer et Stoddart ont recommandé de diminuer de 10 % le taux d’inscription dans les programmes de médecine au Canada, tout comme les postes d’enseignement dans les programmes de formation de deuxième et de troisième cycles. Cette mesure visait à régler ce qui était perçu comme une augmentation indue des effectifs médicaux. Même si les auteurs ont alors insisté avec vigueur pour que cette recommandation ne soit pas mise en application isolément des autres recommandations formulées, c’est précisément ce qui a été fait. Selon les données publiées par l’Association des facultés de médecine du Canada, cela a eu pour résultat que la taille des groupes de première année de médecine a diminué de 16 % depuis 1991 (Kirby, 2002).

Lieu d’obtention du diplôme
La formation des médecins peut avoir une grande incidence sur le lieu choisi pour exercer. Avec une plus grande exposition à la médecine en contexte rural et à l’expérience connexe dans leur programme de formation, les finissants en médecine sont plus susceptibles de vouloir exercer en région rurale (Romanow, 2002). La Société de la médecine rurale du Canada et le Collège des médecins de famille du Canada ont récemment consenti des efforts pour élaborer des programmes d’études et des lignes directrices qui permettront d’accentuer cette tendance (Romanow, 2002).

Rémunération
Selon la commission Romanow, les salaires des médecins et des infirmières peuvent avoir une forte incidence sur les coûts du système de santé. Le mode actuel de rémunération à l’acte est perçu par de nombreuses personnes comme un obstacle à l’accessibilité aux soins de santé de première ligne. Pour remédier à ce problème, la commission a suggéré que l’on tienne compte « des gratifications que les médecins sont en principe tenus d’offrir comme un accès suffisant aux services de santé, la modification de leur prestation de services pour faciliter les soins de première ligne, ou les mesures pour combler les nouveaux besoins du système de santé, ou encore atteindre certains résultats souhaitables chez leurs patients (par exemple, la sélection de patients qui doivent subir certains tests, Romanow, 2002). Les médecins salariés ont des honoraires qui peuvent fluctuer, selon leur domaine de spécialité et la province où ils exercent. De plus, l’éventail de salaires offerts dans une province a eu une incidence sur la migration des médecins dans certaines spécialités.

Diplômés en médecine de l’étranger
Les diplômés en médecine de l’étranger sont des médecins qui ont reçu leur formation (initiale, ou initiale puis une spécialisation) à l’extérieur du Canada. Ces personnes peuvent arriver comme immigrants au Canada et offrir leurs compétences de médecins. Les diplômés en médecine de l’étranger font l’objet d’une évaluation approfondie avant de recevoir l’autorisation d’exercer au Canada. L’autorisation et l’intégration peut s’échelonner sur plusieurs années et il s’agit de formalités très complexes, qui entraînent des retards appréciables dans l’entrée en fonction de ce personnel. Il s’ensuit que de nombreux professionnels de la santé d’autres régions du monde trouvent difficilement un travail gratifiant dans le système de santé du pays. La Commission Romanow propose que « les gouvernements et les associations professionnelles doivent rationaliser les formalités de reconnaissance de la formation à l’étranger et offrir au besoin une formation additionnelle aux immigrants qui sont des professionnels de la santé » (Romanow, 2002).

Ce ne sont pas tous les diplômés en médecine de l’étranger qui viennent dans un premier temps au Canada comme immigrants. Dans certains cas, la Commission a relevé que « les provinces et les territoires ont recruté activement les diplômés en médecine des pays en développement pour combler les besoins en médecins au Canada, en particulier dans les collectivités rurales et éloignées. Jusqu’à la fin des années 1970, le Canada a ouvertement sollicité et recruté les diplômés des facultés de médecine de l’étranger et leur a accordé une « situation privilégiée » en vertu de sa politique d’immigration. À l’époque, les diplômés de l’étranger composaient 30 % de notre main-d’oeuvre médicale, mais ce chiffre a chuté depuis juste en dessous de 23 %. Malgré cette diminution, certaines provinces, comme la Saskatchewan, demeurent largement tributaires des diplômés de l’étranger pour combler les besoins de leurs collectivités, alors que d’autres provinces, comme le Québec, dépendent beaucoup moins de cet apport extérieur » (Romanow, 2002).

L’apport des diplômés en médecine de l’étranger dans le système de santé du Canada est illustré dans le tableau qui suit.

Répartition des diplômés en médecine de l’étranger, par province, en 2001

Province/Territoire

 

Nombre total de médecins Diplômés en médecine canadiens Diplômés en médecine de l’étranger Répartition des diplômés en médecine de l’étranger en %
Terre-Neuve-et- Labrador

945

531

395

41,8

Île-du-Prince-Édouard

190

156

28

14,7

Nouvelle-Écosse

1 885

1 389

494

26,2

Nouveau-Brunswick

1 179

923

251

21,3

Québec

15 866

14 024

1 800

11,3

Ontario

21 482

16 206

5 268

24,5

Manitoba

2 093

1 366

613

29,3

Saskatchewan

1 549

743

796

51,4

Alberta

5 154

3 755

1 385

26,9

Colombie-Britannique

8 105

5 854

2 250

27,8

Yukon

54

35

9

16,7

Territoires du Nord-Ouest

37

28

6

16,2

Nunavut

7

4

3

42,8

Canada

58 546

45 014

13 298

22,7

Source: Commission Romanow, Guidé par nos valeurs – L’avenir des soins de santé au Canada, 2002

Les auteurs du rapport de la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada émettent de fait certaines réserves sur le recrutement des médecins en provenance de pays en développement. Il en coûte énormément à ces pays d’exporter leurs ressources en médecins qui ont des compétences et des connaissances très utiles. Cet effet de la mondialisation amène la Commission à formuler le commentaire suivant : « Comme nous l’indiquons au chapitre 11 sur la santé et la mondialisation, le recrutement par le Canada de médecins formés dans les pays en développement éveille de sérieuses inquiétudes. Bien que l’on ne doive pas fermer nos portes aux diplômés en médecine désireux d’immigrer au Canada, les provinces et les territoires devraient être moins tributaires de cette main-d’oeuvre et prendre plutôt des mesures pour recruter et conserver un plus grand nombre de médecins au Canada » (Romanow, 2002).

4.1.3  Stratégies de recrutement et de maintien du personnel médical

Les solutions visant à accroître le nombre de médecins ne produiront pas nécessairement plus de médecins dans les régions où ils sont le plus en demande. Par le passé, l’Association médicale canadienne a résisté aux mesures gouvernementales voulant exiger des médecins qu’ils aillent exercer dans des localités de moindre importance, car ces initiatives étaient perçues comme punitives et coercitives. Mais il s’agit de beaucoup plus que de simplement offrir plus d’avantages pécuniaires aux médecins pour les inciter à aller travailler dans de petites localités (Romanow, 2002). Les recherches révèlent que « la lourdeur de la charge de travail, les demandes et les attentes élevées des patients, le manque de souplesse dans l’organisation du travail et la réorganisation [des services de santé], de même que les difficultés posées par la formation et le perfectionnement professionnel sont autant de facteurs qui semblent avoir un impact bien plus important que la rémunération sur le recrutement et le maintien en fonction de l’effectif » (Romanow, 2002).

Les disparités de répartition géographique des médecins ont eu des effets à la fois négatifs et positifs sur les mesures visant à encourager les médecins à s’établir dans des régions mal servies (Réseau canadien de recherche en politiques publiques, 2002). Dans son rapport sommaire sur la planification des ressources humaines en santé au Canada, le Réseau canadien de recherche en politiques publiques posait le constat que voici :

La répartition géographique des ressources en médecine est un casse-tête pour les décideurs depuis des décennies. Parce que les médecins sont libres d’ouvrir leur clinique là où ils le désirent, on a utilisé des incitations positives et négatives pour les encourager à s’établir dans des localités ne disposant pas d’un service adéquat. À cet égard, on a essayé des contre-incitations financières comme l’imposition d’un plafond à la facturation ou la réduction des honoraires pour décourager l’établissement dans des localités spécifiques. Ces mesures ont connu un certain « succès », mais elles ont surtout constitué un fardeau pour les médecins nouvellement diplômés, ce qui soulève des problèmes d’équité. De même, les tribunaux ont exprimé certaines inquiétudes au sujet de la question de savoir si les gouvernements peuvent juridiquement exercer un tel contrôle.

(Réseau canadien de recherche sur les politiques publiques, 2002)

Partout au Canada, les collectivités se livrent une vive concurrence pour obtenir une ressource rare, des médecins compétents. Les gouvernements provinciaux et municipaux, les régies régionales de la santé, les associations professionnelles, et dans de nombreux cas, le secteur privé de la localité élaborent et adoptent des stratégies de recrutement et de maintien du personnel médical. Les renseignements que voici proviennent des sites Web et de la presse. Les entrevues avec les personnes rencontrées ont permis de recueillir peu d’autres précisions.

4.1.3.1  Programmes provinciaux

Il existe une variété de programmes provinciaux qui visent à attirer des médecins dans une région ou à les encourager ou à les convaincre de continuer d’y exercer. Ces programmes s’adressent au premier chef aux nouveaux médecins et à ceux qui exercent déjà; ainsi qu’aux médecins résidents et aux étudiants en médecine n’ayant pas encore obtenu leur diplôme.

1. Nouveaux médecins / médecins et spécialistes qui exercent

Dans l’ensemble, toutes les provinces offrent le même genre de mesures d’encouragement financier, qui comprennent entre autres une subvention d’emplacement, une aide aux frais de déménagement, des occasions de formation spéciale, une formation médicale continue, ainsi que des programmes de soutien de la suppléance. Voici une description de ces diverses mesures.
  • Subvention d’emplacement

Ces subventions sont offertes aux nouveaux médecins qui acceptent d’aller s’installer dans des régions précises d’une province, pendant une période de temps donnée. Les subventions sont en règle générale comparables d’une province à l’autre et s’établissent en moyenne aux environs de 15 000 $, en échange d’un engagement à servir dans la région pendant deux ans. Des exceptions visent les régions nordiques et rurales, en Saskatchewan et en Ontario. La Saskatchewan offre 18 000 $ pour un engagement à servir durant 18 mois, dans le cadre du programme de subvention d’établissement des médecins en région rurale. L’Ontario offre quant à elle un montant de 40 000 $ sur quatre ans, dans le cadre du programme de subvention aux médecins qui exercent.

  • Aide aux frais de déménagement

Des gouvernements provinciaux offrent entre 5 000 $ et 10 000 $ aux nouveaux médecins qui s’installent dans une région pour les aider à assumer les frais inhérents au déménagement, aux déplacements, et à l’hébergement temporaire.

  • Possibilités de formation spéciale
Une aide financière est offerte aux médecins de famille qui exercent dans une région précise d’une province depuis au moins deux ans et qui souhaitent suivre une formation dans un domaine de spécialité, dans le but de mieux servir la collectivité. Par exemple, il peut s’agir des domaines de l’obstétrique, de l’anesthésie et de l’urgentologie.
  • Formation médicale continue

La plupart des provinces offrent une aide financière annuelle pour permettre aux médecins de maintenir et d’améliorer leurs connaissances.

  • Programmes d’aide à la suppléance

La suppléance se rapporte aux médecins à contrat qui remplacent des médecins sur place ayant besoin d’un répit de courte durée pour prendre des vacances, un congé d’études, etc. Les médecins suppléants reçoivent un soutien par le truchement d’un large éventail de programmes, qui vont d’un service de repérage sur le site Web de la province (Nouveau-Brunswick) et du financement direct des frais de déplacement, d’hébergement et d’honoraires (Î.-P.-É., N.-É.), à un éventail de programmes complets de coordination et de financement pour les régions nordiques et rurales, comme c’est le cas en Ontario, en Alberta et en Saskatchewan. Ce dernier type de programme fait l’objet de mesures en collaboration entre les gouvernements provinciaux et les associations médicales provinciales, chargées d’administrer le programme.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu des programmes d’encouragement à exercer en région rurale partout au Canada.

Mesures d’encouragement à exercer en région rurale au Canada, 1998

PROVINCE

MAINTIEN

RECRUTEMENT

 

Service de garde à l’urgence, montant offert

Supplé-ance

Prime d’éloigne-ment

Gratification à la signature du contrat

Mesures dissuasives à exercer en milieu urbain

Formation de réinté-gration

Contrat

Colombie-Britannique

Prime de

20 $/h en temps suppl

Limitée

5 % à 20 % HA

     

Dans certains cas

Territoire du Yukon

       

50 % HA

   
Territoires du Nord-Ouest      

À venir

     

Alberta

Prime de 17 $/h en temps suppl.

Villes à <5 méd.

 

20 000 $ (10 & 10 de la région)

 

76 000 $ /an au prorata

 

Saskatchewan

Prime de 10 $/h la semaine, de 25 $ en fin de sem.

Villes de 4 méd.

 

25 000 $/ 18 mois

 

80 000 $ /an

Salaire initial de 121 000 $ à 140 000 $

Manitoba

 

Villes à <5 méd.

 

44 000 $/an

   

150 000 $

Ontario

70 $/h tarif fixe de nuit, de congé et la fin de semaine

Limitée

5 000 $ par année pour la FMC 40 000 $ /an

70 % HA

Oui

174 000 $ à 194 000 $ + suppl. pour service à l’urgence

Québec

140 $ + 50 % HA, de 20 h à 24 h; 402 $ + 75 % HA, de

24 h à 8 h

Limitée

15 % HA

40 000 $/ 4 ans, de la région + déménag.

70 % HA

 

CLSC

Nouveau- Brunswick

    3,8 %/an pour 3 ans; 5,7 % pour 5 ans   Aucune limite de facturation

50 % des coûts globaux

 

Île-du-Prince-Édouard

       

Aucune limite de facturation

   

Nouvelle-Écosse

50 $/h et plus, selon l’achalandage annuel     50 000 $/pour 5 ans + 5 000 $

Aucune limite de facturation

 

Salaire minimal de 138 000 $; garantie HA

Terre-Neuve-et-Labrador

   

30 000 $

 

Aucune limite de facturation + seuil général

   

HA= honoraires à l’acte; FMC = formation médicale continue; CLSC = centre local de services communautaires
Sources : ministères provinciaux de la Santé
SOURCE : Journal canadien de la médecine rurale, 1998; vol. 3(4), pp. 242-247.

 2.  Programmes qui visent les étudiants en médecine et les médecins résidents

  • Programmes de retour au travail (paiement des frais de scolarité / bourse d’études)
Plusieurs provinces offrent ces programmes aux étudiants en médecine et aux médecins résidents.

¨       L’Ontario offre aux étudiants en dernière année de médecine, aux médecins résidents et aux médecins récemment diplômés un montant pouvant atteindre 40 000 $ pour couvrir les frais de scolarité payés, en contrepartie d’un engagement à revenir au travail à temps plein pendant 3 à 4 ans.

¨       Le programme de parrainage de l’Île-du-Prince-Édouard s’adresse aux étudiants en médecine et aux médecins résidents inscrits dans un programme de formation en médecine au Canada. Le bénéficiaire doit accepter d’exercer à l’Î.-P.-É. pendant un an en échange de chaque année d’étude « subventionnée ».

¨       La Saskatchewan offre une bourse d’études annuelle de 18 000 $ à 5 étudiants en médecine et à 3 médecins résidents. Les modalités d’engagement de retour au travail sont d’une année de service pour chaque année au cours de laquelle le bénéficiaire reçoit la bourse d’études.

¨       Le Nouveau-Brunswick peut offrir une aide financière aux médecins qui reçoivent une formation dans un domaine de spécialité qui correspond à un besoin observé dans la collectivité. L’admissibilité au programme se limite aux personnes qui « ne peuvent obtenir une autre formation, dont des diplômés en médecine de l’étranger qui souhaitent obtenir l’autorisation d’exercer au pays ».

¨       Le programme d’aide aux médecins résidents et aux étudiants en médecine de Terre-Neuve-et-Labrador offre un soutien financier aux étudiants en quatrième année de médecine, jumelés à un programme de médecine familiale, sous l’égide du Service canadien de jumelage des résidents (SCJR), ainsi qu’aux étudiants de première et de deuxième années en médecine intéressés à exercer dans une région où « il y a des besoins ». Les modalités sont d’une année de service pour chaque année au cours de laquelle le bénéficiaire reçoit l’aide financière. Le service peut viser un poste rémunéré à l’acte ou à salaire.

  • Exercice de la médecine en milieu rural

La Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick offrent des programmes d’externat et de préceptorat en milieu rural pendant l’été aux étudiants sur le point d’accéder à leur troisième année de médecine. Ces programmes visent à susciter un intérêt à exercer en milieu rural. Le Nouveau-Brunswick a chaque année 30 postes à combler pendant l’été (15 en milieu anglophone et 15 en milieu francophone) , tandis que la Saskatchewan offre 20 postes aux étudiants en médecine. Le Nouveau-Brunswick offre une allocation de 4 000 $ pour une période de placement de 10 semaines, et la préférence est accordée aux étudiants de la province. La Saskatchewan offre un placement de huit semaines. Les modalités d’allocation ne sont pas connues.

  • Possibilités de stage clinique en régions rurale et nordique

L’Ontario offre un nombre croissant d’occasions de « stage de rotation clinique » aux étudiants en troisième et quatrième années de médecine dans les régions rurales et nordiques de la province. Les étudiants qui participent au programme se voient rembourser leurs frais de déplacement et d’hébergement et il n’y a aucune limite de financement quant au nombre de stages cliniques en région nordique ou rurale auxquels peut participer un étudiant.

  • Programmes de formation en médecine familiale et de résidence en milieu rural

L’Î.-P.-É. a offert à 12 médecins résidents en médecine familiale la possibilité d’effectuer un stage clinique en rotation sur l’île. Les frais de déplacement et d’hébergement seront remboursés. La Saskatchewan a prolongé la période de temps que les médecins résidents en médecine familiale peuvent consacrer à un stage clinique en rotation, qui est passée de 12 à 40 semaines.

  • Mesures de soutien au-delà de l’aide de base (stratégies de recrutement qui visent les étudiants)

Les mesures que voici sont en vigueur dans d’autres provinces et mettent en lumière certaines occasions uniques qui pourraient se présenter au Nouveau-Brunswick. Les auteurs du rapport les ont relevées.

1. Les prêts canadiens d’études sont offerts aux étudiants en médecine qui envisagent de revenir travailler à l’Î.-P.-É. dans les deux années qui suivent l’obtention de leur diplôme. Il y a aussi un report du remboursement du prêt canadien d’études pendant deux ans après la résidence. Ce pourrait être une occasion d’offrir des programmes que pourraient saisir les ministères de la Santé et du Mieux-être et de l’Éducation du Nouveau-Brunswick.

2. En vertu du programme Adopt A Student de la Saskatchewan, un membre d’une équipe régionale de recrutement reste en contact avec un étudiant en médecine de la région, et lui communique des nouvelles et de l’information récente sur la région. Des médecins à la retraite de la RRS2 pourraient être ainsi mis à contribution.

3. Le On-Site Physician Recruitment Office de Terre-Neuve-et-Labrador met les gens directement en contact, pour des postes à combler et de l’information de recrutement dans la province et en région. Par exemple, on pourrait établir trois postes à temps partiel aux trois établissements universitaires de Dalhousie, Laval, et Memorial, et mettre ainsi en place et coordonner des mesures de recrutement (consistant par exemple à coordonner le programme de préceptorat en milieu rural).

4. Le programme Home for the Holidays de l’Ontario vise à accueillir les médecins de retour dans la province, et qui ont séjourné à l’extérieur pour poursuivre leur formation médicale. Une fondation pourrait organiser et administrer ce genre de mesure de recrutement.

4.1.3.2  Régies régionales de la santé (RRS)

Régimes d’avantages sociaux

Les RRS offrent une variété d’avantages sociaux, qui s’ajoutent aux mesures provinciales de recrutement. En règle générale, ces régimes comprennent la totalité ou une partie des éléments que voici :

¨       mesures d’encouragement financier;

¨       emploi offert au conjoint;

¨       clinique clés en mains;

¨       entretien des bureaux (nettoyage, entretien général, soutien technique);

¨       usage d’ordinateurs (y compris celui d’Internet et des logiciels);

¨       téléphone et télécopieur;

¨       assurance-santé et assurance dentaire;

¨       assurance-vie de base et assurance pour les personnes à charge;

¨       assurance de base contre un décès accidentel;

¨       assurance invalidité de longue durée;

¨       cotisations payées à l’Association canadienne de protection médicale;

¨       prestations de pension;

¨       congé d’études pour les postes à salaire;

¨       indemnité de congé annuel et de déplacement;

Remarque – tous ces avantages sont entièrement à la charge de l’employeur, exception faite des prestations de pension pour les postes à salaire, pour lesquels l’employeur verse la moitié (50 %) des cotisations.

4.1.3.3 Conseils municipaux

Dans de nombreuses régions du pays, les conseils municipaux offrent un soutien financier et une aide « en espèces » aux projets de recrutement des médecins en région. Une contribution financière peut servir les fins suivantes :

¨       aider à défrayer les coûts de l’envoi d’un représentant régional à un salon de recrutement et à une visite d’université;

¨       produire du matériel de promotion, des annonces dans les médias;

¨       établir et former des équipes de recrutement régionales;

¨       défrayer tous les coûts afférents aux visites dans la région de candidats intéressés à venir y exercer et de leurs conjoints. 

4.1.3.4 Partenariats collectivités-secteur privé

Le secteur privé en région participe souvent aux activités de recrutement, en offrant des programmes de financement, des offres immobilières, et des possibilités d’emploi au conjoint. Ainsi, dans une localité ontarienne, un agent immobilier travaille de pair avec le médecin recruté et son conjoint et coordonne l’achat, la vente, et la négociation d’un bail, en plus de s’occuper de toutes les formalités administratives, juridiques, du déménagement, des services financiers et d’autres besoins (concept du guichet unique). Dans une autre localité de l’Ontario, un comité régional de directeurs en ressources humaines des grands employeurs de la région, issus des secteurs privé et public, travaillent ensemble pour s’assurer de trouver un emploi convenable au conjoint d’un médecin recruté dans la région.

4.2 Nouveau-Brunswick

Dans l’ensemble du Canada, les provinces et les territoires recherchent activement les meilleurs moyens de former, de recruter et de maintenir en fonction les professionnels de la santé, ainsi que de les inciter à exercer dans les collectivités rurales et éloignées. À ce titre, les provinces et les territoires se livrent une compétition acharnée et, à maints égards, contre-productive.

Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada (p. 100, Romanow, 2002)

4.2.1 Perspective historique

Au Nouveau-Brunswick, le ministère de la Santé et du Mieux-être régit le nombre et la répartition des médecins autorisés à exercer dans la province. Cette prérogative a une incidence directe sur la capacité de la CSSA à recruter des médecins dans la région. Le recrutement et le maintien des médecins à l’échelle provinciale sont deux activités qui relèvent de la macro-planification des ressources médicales. Elles sont habituellement dictées par la volonté de gérer les dépenses en effectifs médicaux à l’échelle provinciale et de garantir l’affectation des ressources médicales dans les régions où les services laissent à désirer (Graham, 2002)

À cet égard, une des méthodes adoptées pour planifier les ressources médicales à l’échelle provinciale a été la création du « Plan de gestion des ressources médicales du Nouveau-Brunswick », rendu public en juillet 1999. Ce document a fait l’objet d’une révision cette même année et a été à nouveau publié sous le titre « Plan de gestion des ressources médicales, 1999 ». Ce document de 1999 contenait les recommandations acceptées par le ministre de la Santé et des Services communautaires du temps, et issues du rapport présenté par le Comité consultatif sur les ressources médicales (CCRM) en 1997, de même qu’il prenait en compte les changements de politique survenus depuis 1992 (Graham, 2002).

Situation actuelle
Dans le document cité ci-dessus, « Plan de gestion des ressources médicales, 1999 », le ministère de la Santé a fait sienne la méthode de base de la mesure nationale des équivalents à temps plein des ressources médicales (ETP) pour rendre compte des activités et du nombre des médecins au Nouveau-Brunswick. Le système national a été modifié, pour permettre l’intégration des services de radiologie, des services d’anesthésie en médecine générale, de la rémunération à la vacation pour des services cliniques comme le travail en salle d’urgence, du salaire des médecins en service clinique, ainsi que du régime de paiement indirect de la rémunération à l’acte (Graham, 2002).

En décembre 2002, le Gouvernement du Nouveau-Brunswick a rendu compte des travaux accomplis par le projet de recrutement et de maintien des ressources médicales (Nouveau-Brunswick, 2002). Une conseillère provinciale en ressources médicales a été engagée « pour coordonner les efforts de recrutement de la province, de concert avec ceux des régies régionales de la santé ». En novembre 2002, le projet de recrutement et de maintien du personnel médical avait produit les résultats suivants :

  • 52 nouveaux médecins sont venus travailler au Nouveau-Brunswick;
  • depuis juin 1999, la province compte en tout 82 nouveaux médecins;
  • 26 médecins ont obtenu une subvention d’emplacement ( 8 omnipraticiens, 18 spécialistes, pour un montant de 830 000 $);
  • au cours des trois dernières années, le Nouveau-Brunswick a recruté 37 médecins formés à l’étranger; le gouvernement provincial recherche d’autres occasions de recruter des diplômés en médecine de l’étranger, en collaboration avec les autorités fédérales et le Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick;
  • une entente a été conclue avec la Société médicale du Nouveau-Brunswick, visant le versement d’honoraires de temps supplémentaire pour les médecins qui offriraient leurs services à un hôpital;
  • le programme des emplois d’été (troisième année d’existence), qui permet le recrutement de 30 étudiants en médecine chaque année;
  • 18 nouveaux médecins résidents participent au Programme de résidence surnuméraire;
  • le gouvernement provincial travaille de pair avec la Société médicale du Nouveau-Brunswick à améliorer la rémunération des médecins à salaire;
  • un fonds d’urgence d’un million de dollars a été créé pour aider les régies régionales de la santé à remédier aux problèmes de recrutement (8 omnipraticiens et spécialistes ont ainsi été recrutés, Nouveau-Brunswick, 2002).

4.2.2 Stratégies

À l’heure actuelle, le Nouveau-Brunswick siège au comité consultatif fédéral-provincial-territorial sur la prestation des services et des ressources humaines en santé. Ce comité travaille à la création d’une base de données nationale sur les médecins, de même qu’il garde ouvertes les voies de communication entre les divers gouvernements sur les moyens à prendre pour régler le problème des ressources médicales. Selon la conseillère provinciale en ressources médicales du Nouveau-Brunswick, il n’existe actuellement aucune stratégie nationale sur les ressources médicales. Au plan provincial, les régies régionales de la santé doivent voir à leurs propres besoins de recrutement, avec le concours des programmes incitatifs provinciaux.

Un site Web sur le recrutement et le maintien des ressources médicales a été créé (http://www1.gnb.ca/0396/f/001f.asp ). Il offre de l’information sur le Nouveau-Brunswick, y compris des renseignements sur le réseau de la santé; les possibilités d’exercer dans la province (postes de suppléance et postes permanents), l’autorisation d’exercer, les mesures incitatives (subventions d’emplacement pouvant atteindre 25 000 $ pour un médecin de famille et 40 000 $ pour un médecin spécialiste admissible, programme de formation des médecins résidents), de l’information sur la rémunération, ainsi qu’une section réservée aux étudiants en médecine et aux médecins résidents (Programme de préceptorat d’été en milieu rural, bulletins, calendrier et Aéropage des inscriptions). Par ailleurs, le gouvernement provincial communique avec les étudiants en médecine du Nouveau-Brunswick dès leur première année d’études et leur remet un stéthoscope et un chèque-cadeau de 300,00 $ pour des livres.

Il y a également le groupe de travail sur les diplômés en médecine de l’étranger, qui relève du sous-ministre de la Santé et du Mieux-être. Ce groupe s’occupe d’uniformiser et de faciliter l’évaluation judicieuse de ce personnel médical, avant qu’il ne soit autorisé à exercer dans la province.

4.3 Corporation des sciences de la santé de l’Atlantique – Régie régionale de la santé 2

Même si la plupart des médecins ne sont pas à l’emploi de la CSSA et compte tenu du fait que le recrutement et le maintien du personnel médical soient une responsabilité partagée avec d’autres organismes, les médecins forment un maillon important des ressources humaines en santé de la RRS (Graham, 2002).

Bien qu’il faille recourir à la macro-planification pour cerner et régler les problèmes à l’échelle de la province, les régies régionales doivent continuer à tenir compte du contexte régional. Il importe de prendre en compte des facteurs comme l’état de santé des citoyens, la démographie, la capacité de la collectivité à soutenir des domaines de spécialité précis, ou encore d’autres ressources disponibles ou qu’il faudrait obtenir pour soutenir certains types de spécialités (Graham, 2002).

La santé de la population, la technologie disponible, le nombre de médecins et leur répartition sont autant de facteurs qui ont une incidence sur les plans de gestion des ressources médicales spécialisées. La « masse critique » d’une charge de travail qui permet l’acquisition et le maintien des compétences, une rémunération suffisante, des modalités de service de garde acceptables, l’atteinte des objectifs professionnels et personnels sont autant de variables susceptibles de favoriser des mesures de recrutement et de maintien fructueuses. Il faut tenir compte du nombre de médecins réellement disponibles (dénombrement du personnel médical) à tout moment, et analyser la dynamique de la santé des personnes, de l’âge et du profil de services offerts par ces médecins. Toute estimation des besoins futurs en ressources médicales dépend des futurs besoins du marché (demandes des patients et nombre de médecins). En ce sens, la démarche de la CSSA doit être proactive, dans la mesure où elle doit à l’occasion exiger de la Régie qu’elle transcende ce qui est perçu comme un besoin immédiat. La souplesse est de mise, tout comme la coordination des efforts entre les régions, de manière à s’assurer que les besoins de toute la province sont comblés et qu’il y a un traitement prioritaire de la gestion des ressources si des services ou des programmes sont mis en péril (Graham, 2002). Des services tertiaires limités à un petit nombre de centres de service peuvent par ailleurs exiger des ententes particulières, pour que ces centres soient concurrentiels sur le marché national du recrutement (Graham, 2002).

4.3.1 Profil des médecins de la CSSA

En décembre 2002, 1 275 médecins exerçaient au Nouveau-Brunswick. La région 2 accaparait 25 % du nombre total de médecins de la province, ce qui la plaçait au second rang, après la région 1 (27 % - ministère de la Santé et du Mieux-être, 2002).

Source: NB Department of Health and Wellness, Physician Recruitment and Retention Status Report, December 27, 2002

Source: NB Department of Health and Wellness, Physician Recruitment and Retention Status Report, December 27, 2002

 

GP = omnipraticien

SP = médecin spécialiste
Source :   Ministère de la Santé et du Mieux-être du N.-B., rapport d’étape sur le recrutement et le maintien des médecins, 27 décembre 2002

Sur le nombre total de médecins qui exercent dans la province, 49 % étaient des omnipraticiens et 51 % des médecins spécialistes. Parmi les effectifs médicaux de la CSSA d’alors, les omnipraticiens représentaient 46 % du personnel médical, et les spécialistes, 54 %. En plus des médecins de famille ou des omnipraticiens, il y a en tout 18 spécialistes affiliés à la CSSA. De ce nombre, 26 % sont des femmes et 74 % sont des hommes. Une bonne partie des problèmes de recrutement perçus dans la région concernent la médecine familiale, car comparativement aux médecins de famille, il a été quelque peu plus facile de recruter des médecins spécialistes dans la région. 

4.3.2 Démarches en cours

En octobre 2001, un sous-comité des ressources médicales a été créé. Le chef du personnel médical préside le comité, qui s’est réuni une fois par mois, avant les rencontres du comité médical consultatif. Le sous-comité des ressources médicales travaille en collaboration avec les chefs des services cliniques et il a les responsabilités que voici :

§         planifier les mesures de recrutement et de maintien, selon les besoins établis pour chaque service clinique; et

§         exercer le suivi des besoins des services cliniques et de la CSSA et établir les priorités en matière de recrutement et de maintien du personnel médical.

En octobre 2002, le comité des ressources médicales (CRM) créé par le conseil d’administration a remplacé le sous-comité des ressources médicales. En plus du travail qu’accomplissait le sous-comité, le CRM devait formuler des recommandations au conseil d’administration sur les possibilités et les mesures en matière de recrutement de médecins. Au printemps 2003, les membres du comité ont rencontré des citoyens de la région 2 pour obtenir de l’information sur les besoins et les attentes des collectivités relativement aux ressources médicales.

4.3.3 Situation actuelle

Au 5 juin 2003, il y avait en tout 16 postes à combler à la CSSA et 6 départs à la retraite imminents. Dans l’exposé sommaire sur le recrutement des ressources médicales de janvier 2003 (voir l’annexe B), les divers services sont qualifiés ainsi : 

§         stable (pas de problème envisagé avant 5 ans);

§         situation préoccupante (problèmes susceptibles de se poser d’ici 2 à 5 ans, le service est actuellement stable);

§         à risque (problèmes actuellement observés, qui pourraient causer du tort d’ici deux ans si on n’y remédie pas);

§         en crise (les problèmes actuels portent atteinte à l’accessibilité ou à la qualité des soins, ou à la stabilité du service).

Le tableau ci-dessous rend compte de la situation la plus récente des divers services et départements. 


5.0  Recommandations

La CSSA traitera le problème des ressources médicales (y compris le recrutement et le maintien du personnel) avec l’aide de son conseil d’administration, de ses gestionnaires et de son personnel médical. L’engagement d’un coordonnateur des ressources médicales à temps plein en avril 2003 est une autre mesure judicieuse qui permettra de donner suite à ces recommandations.

Les idées et les préoccupations dont fait état ce rapport sont le fruit des délibérations du Comité des ressources médicales. Ces pistes de solution se rapportent entre autres à la large gamme de relations observées et dont il importe de tenir compte dans toute stratégie visant à corriger le problème des ressources médicales de la région. Les recommandations formulées portent notamment sur la relation qui existe entre la CSSA et : 

Ø       les collectivités régionales;

Ø       les stagiaires (les médecins en résidence, les internes et les étudiants en médecine) qui séjournent dans la RRS2;

Ø       les médecins qui exercent actuellement dans la région;

Ø       les nouveaux médecins susceptibles de venir exercer dans la région; et

Ø       le ministère provincial de la Santé et du Mieux-être.

Il importe par ailleurs de noter la redondance de certains éléments de ces recommandations. L’association d’une stratégie donnée à une recommandation ne diminue en rien l’importance du rôle qu’elle peut jouer pour une autre recommandation.

5.1 La CSSA et les collectivités régionales

Communications

Considérations générales
À la lumière de l’analyse de l’information et des observations reçues, un des thèmes qui a souvent fait surface a été la « communication ». D’aucuns étaient d’avis qu’une communication plus ouverte entre la RRS2 et les collectivités de la région pourrait encourager et faciliter le recrutement. On estime qu’une bonne communication permet d’établir un cadre ou un plan solide, dont les stratégies sont soutenues par toutes les parties concernées. Des intervenants ont exprimé le désir d’une meilleure communication et d’un meilleur échange des connaissances à tous les niveaux : entre les collectivités, la RRS et le gouvernement.

Recommandation

Que la CSSA établisse et soutienne un plan de communication avec les collectivités et les groupes communautaires susceptible :

§         d’améliorer la communication et l’échange des connaissances entre toutes les parties concernées par les ressources médicales; et

§         de faciliter les efforts de recrutement et de maintien du personnel médical dans les collectivités.

Collectivités

Considérations générales
La consultation entreprise par ce comité a aussi mis en lumière la valeur de la participation et de la collaboration. Certes, la Régie régionale de la santé 2 a la responsabilité des principales mesures en termes de recrutement et de maintien. Il est cependant vite apparu manifeste que les collectivités sont animées d’un vif désir et d’un engagement à accroître les effectifs médicaux dans la région.

Recommandation

Que la CSSA soutienne et oriente les efforts des collectivités dans l’élaboration et l’adoption de plans d’action locaux pour le recrutement et le maintien des médecins, conformément aux directives du ministère de la Santé et du Mieux-être et de la CSSA.

5.2 La CSSA et les personnes en formation qui séjournent dans la RRS2

Médecins résidents et étudiants en médecine

Considérations générales
En sa qualité d’établissement d’enseignement, la CSSA a la possibilité d’affecter ses médecins résidents et ses étudiants en médecine dans les diverses installations et ses divers programmes. Ainsi, plus de 150 médecins résidents en médecine familiale du Collège royal et 50 étudiants en médecine participent chaque année à une rotation de base, sélectionnée et facultative, environ 50 médecins étant en détachement de rotation à tout moment. Les stagiaires en médecine détachés contribuent aux soins de qualité aux patients, de même qu’à la formation continue du personnel. Ils sont également une autre source de recrutement possible.

Recommandation

Que le personnel médical, la direction et le conseil d’administration de la CSSA tirent profit de toutes les possibilités offertes d’établir de bons rapports avec les médecins résidents et les étudiants en médecine affectés aux établissements de la région.

Étudiants en médecine

Considérations générales
Il devient de plus en plus manifeste que « la personnalisation » est un outil de marketing important. À vrai dire, au moment de recruter des médecins, nous faisons effectivement la promotion de nos établissements, de nos collectivités et de nos gens auprès des candidats pressentis. Nos efforts de recrutement qui ont connu le plus de succès à ce jour ont été ceux qui ont visé les anciens résidents du Nouveau-Brunswick, pour les amener à revenir dans la province. Un intérêt manifesté dans le cheminement professionnel de nos jeunes gens pendant leurs études peut aider dans une large mesure à personnaliser les efforts de recrutement des futurs médecins résidents.

Recommandation

Que la CSSA communique avec les étudiants des écoles de médecine canadiennes susceptibles de venir séjourner dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick pour y suivre une formation de base, sélectionnée ou facultative, ou encore pour venir y exercer la médecine.

5.3  Relations entre la CSSA et les médecins qui exercent déjà dans la région; et avec les nouveaux médecins susceptibles de venir y exercer.

Recrutement et maintien

Considérations générales
Un autre thème soulevé par la consultation a été qu’aucun recrutement ne s’opère en vase clos. Bien que tous s’entendent pour dire que les médecins sont bien placés pour recruter de nouveaux collègues, des intervenants se sont dits préoccupés par le fait que cette façon de procéder créait sans doute des attentes trop élevées quant au rôle qu’est appelé à jouer le département de la médecine familiale.

Recommandation

Que la CSSA évalue les modalités actuelles de recrutement et de maintien des médecins, dans le but de rechercher des points à améliorer.

5.4 La CSSA et le ministère provincial de la Santé et du Mieux-être

Partenariat provincial

Considérations générales
Par des discussions avec les groupes communautaires, il a été établi que des municipalités peuvent à l’occasion se considérer comme laissées pour compte dans les discussions sur les besoins de réforme des soins de santé aux niveaux provincial et fédéral. De nombreux participants ont proposé que la CSSA devrait agir comme « porte-étendard » de la région et évoquer activement les problèmes et les questions de soins de santé des collectivités de la région auprès des instances décisionnelles. 

Recommandation

Que la CSSA aide les collectivités à se faire entendre sur les questions de santé auprès des décideurs provinciaux; et qu’elle rende compte des suites données aux problèmes soulevés.  

Modèles d’exercice de la profession

Considérations générales
Même si le mandat initial du comité a surtout porté sur le recrutement et le maintien des médecins dans la région, les problèmes actuels d’accès aux médecins de famille ont souvent soulevé des discussions sur la recherche d’autres moyens d’accéder aux soins de santé de première ligne. À de nombreuses occasions, les cas des centres de santé communautaires, qui font appel à des modèles de soins prodigués par des équipes multidisciplinaires, ont été cités comme autant de nouvelles façons de rendre plus accessibles les soins de santé de première ligne. Les discussions ont aussi porté sur le fait qu’un grand nombre de jeunes médecins en début d’exercice sont très ouverts à un modèle de soins axé sur le principe des équipes multidisciplinaires (surtout en région rurale), ce qui pourrait faire de ce modèle d’exercice de la profession un outil de recrutement des plus intéressants. 

Recommandation

Que la CSSA soutienne :

·         la recherche d’autres modèles d’exercice de la profession; et

·         les modèles actuels des équipes multidisciplinaires (qui correspondent au choix des nouveaux médecins).


6.0  Conclusion

Les recommandations que contient ce rapport sont le fruit d’un examen, de consultations et de travaux de recherche. Elles sont respectueusement présentées au conseil d’administration de la Régie régionale de la santé 2 comme un moyen de remédier au problème des ressources médicales de la région. Les auteurs sont d’avis que les futurs efforts en la matière incomberont à la personne chargée de la coordination des ressources médicales, au chef du personnel médical, aux chefs des services cliniques et à la haute direction de la CSSA.


7.0  Bibliographie

Barer, M. L., Wood, L., et Schneider, D. G. Toward Improved Access to Medical Services for Relatively Underserviced Populations: Canadian Approaches, Foreign Lessons, Vancouver, 1999, The Centre for Health Services and Policy Research, University of British Columbia.

Institut canadien d'information sur la santé. Nombre, répartition et migration des médecins canadiens, 2001 (ISBN 1-55392-052-X (document en format pdf), Ottawa, 2002.

Réseau canadien de recherche en politiques publiques. La planification des ressources humaines en santé au Canada: les enjeux des professions médicale et infirmière, Ottawa, 2002, Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada.

Ministère de la Santé et du Mieux-être. Physician Recruitment and Retention Status Report , Fredericton (Nouveau-Brunswick), 2002.

Graham, C. (2002). Health Human Resource Plan: A work in progress, Saint John: Atlantic Health Sciences Corporation.

Hutten-Czapski, P. Rural incentive programs: a failing report card, Journal canadien de la médecine rurale, 1998, 3(4), pp. 242-247.

Kirby, M. J. L. La santé des Canadiens : le rôle du gouvernement fédéral. Volume deux : tendances actuelles et défis futurs. Rapport intérimaire sur l'état du système de santé au Canada, Ottawa, 2002, Comité sénatorial permanent sur les affaires sociales, les sciences et la technologie.

Gouvernement du Nouveau-Brunswick. Compte rendu présenté aux Néo-Brunswickois, Fredericton (Nouveau-Brunswick), 2002.

Romanow, R. Guidé par nos valeurs : l'avenir des soins de santé au Canada, Ottawa, 2002, Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada. 


Annexe A – Comité des ressources médicales – Thèmes et suggestions 

Thèmes

Suggestions

Communication

  • Améliorer la communication avec les collectivités.

  • Veiller à ce que l’organisation informe mieux la RRS des possibilités de recruter de futurs médecins. Il faut moins de fragmentation. De même, le département de médecine familiale devrait rendre compte des suites données à une information communiquée.

  • Faire la promotion de la technologie comme outil très utile pour recruter des candidats (améliorer la conception et faire un meilleur usage du site Web de la CSSA).

  • Améliorer les échanges avec le public et mieux l’informer des changements à opérer dans le système de santé et faire valoir qu’il ne s’agit pas toujours de changements négatifs. Il y aurait lieu d’accroître les ressources consacrées à ce genre d’activité. Les modalités de prestation changent constamment et c’est pourquoi il faut agir sans tarder.

  • Examiner la culture de la population servie; aussi bien du point de vue de ses atouts que de ses points faibles. Mettre l’accent sur les points forts de la collectivité, comme sa chaleur, sa vie saine, ses loisirs, son réseau d’écoles.

  • Prendre part à des salons de l’emploi et à des journées d’orientation professionnelle dans les écoles secondaires.

  • Lancer une campagne de promotion visant à vendre « le portrait complet » aux futurs candidats.

Financement

  • Rendre l’aide financière et les bourses d’études plus accessibles aux professionnels en médecine qui terminent leurs études avec un fort taux d’endettement.

  • Formuler des suggestions visant à changer le mode de rémunération actuel des médecins. Les médecins sont sur la pente de l’épuisement professionnel. Ils souhaitent obtenir une meilleure qualité de vie, au travail et à la maison.

  • Encourager le gouvernement à combler l’écart salarial entre les médecins salariés du N.-B. et leurs homologues de la N.-É. et de l’Î.-P.-É.

  • Faire en sorte d’accorder un financement suffisant au recrutement des médecins, aux mesures de maintien du personnel médical et à la mise en oeuvre d’un plan de communication connexe.

Partenariats

  • Explorer d’autres solutions et faire partie de l’équipe chargée d’informer et d’éduquer la collectivité sur les questions de santé et de mieux-être. Il en découlera des avantages à long terme pour les gens de Sussex et des localités environnantes. Les médecins jouent un rôle moteur à cet égard.

  • Voir à ce que la haute direction de la RRS2 offre à la ville un soutien et une orientation sur les moyens qu’elle peut prendre pour aider à recruter et à maintenir des médecins en région.

  • Prendre des mesures dynamiques de maintien du personnel médical, en collaboration avec les collectivités.

  • S’assurer que l’ensemble de la collectivité mette toutes ses ressources à contribution pour attirer les médecins. Les chefs de file des divers secteurs de la collectivité doivent assumer un rôle de premier plan.

  • Obtenir que la ville se mobilise davantage et fasse en sorte que les médecins et les autres professionnels de la santé se sentent très bien accueillis en ville. Il ne doit pas s’agir obligatoirement de mesures d’encouragement financier, mais les mesures retenues doivent émaner de tous les secteurs de la collectivité.

Modèles d’exercice de la profession

  • Améliorer les services offerts au Fundy Health Centre par l’adoption d’un modèle de soins par équipe multidisciplinaire.

  • Utiliser le modèle d’équipe de soins pour faire de la prévention et encourager le mieux-être, dans une perspective d’investissement à long terme.

  • Promouvoir le rôle de l’infirmière praticienne.

  • Redoubler d’efforts dans la négociation en cours avec l’infirmière praticienne candidate (Eastern Charlotte).

  • Explorer d’autres modèles et faire partie de l’équipe chargée d’informer et d’éduquer la collectivité sur les questions de santé qui offrent des avantages à long terme aux citoyens de Sussex et des localités environnantes. Les médecins jouent à cet égard un rôle moteur.

  • Favoriser l’intégration dans l’équipe des soins de l’infirmière praticienne. Il s’ensuivra une utilisation plus efficace des ressources en santé.

  • Structurer le mode de prestation actuel des soins de manière à l’axer davantage dans l’optique des équipes multidisciplinaires et de la collaboration.

  • Structurer l’administration des soins pour l’adapter aux attentes des nouveaux médecins, par exemple par la mise sur pied d’une équipe de soins primaires.

  • Voir à ce que la haute direction de la RRS2 offre à la ville un soutien et une orientation sur les moyens qu’elle peut prendre pour aider à recruter et à maintenir des médecins en région.

  • Promouvoir les travaux de recherche voulus pour accroître le recours aux applications en télémédecine.

Recherche

  • Promouvoir les travaux de recherche nécessaires pour accroître le recours aux applications en télémédecine.

  • Encourager la réalisation des travaux de recherche qui s’imposent pour la création d’un registre des patients qui n’ont pas de médecin de famille (il faudrait examiner le travail accompli à ce chapitre par le comité d’orientation du centre de santé communautaire).

  • S’assurer que le nombre actuel de médecins qui exercent à Sussex ne diminue pas. Cela pourrait se faire par une stratégie proactive de recrutement des médecins. Certains des médecins qui exercent actuellement prendront leur retraite au cours des cinq prochaines années.

Étudiants et médecins en formation

  • S’assurer que les efforts d’entretien et de modernisation du Sussex Health Centre visent aussi bien la structure que le volet technologique. Cela fera bien plus que simplement attirer et maintenir en poste les médecins : il s’ensuivra également de nouveaux services de santé dont tirera profit l’ensemble de la collectivité (service de dialyse satellite, services qui s’adressent aux jeunes, etc.). Cette façon de procéder fera aussi du Sussex Health Centre un endroit tout à fait convenable pour recevoir les stagiaires en médecine.

  • Rendre l’aide financière et les bourses d’études plus accessibles aux professionnels en médecine qui terminent leurs études avec un fort taux d’endettement.

  • Veiller à ce que l’organisation informe mieux la RRS des possibilités de recruter de futurs médecins. Il faut moins de fragmentation. De même, le département de médecine familiale devrait rendre compte des suites données à une information communiquée.

  • Élaborer un train de mesures pour « accompagner » les étudiants en médecine pendant toute leur formation.

  • Encourager le gouvernement provincial à créer une base de données sur les étudiants en médecine.

  • Obtenir que les collectivités (dont les maires et les conseils municipaux, si possible) organisent des événements pour accueillir les étudiants en médecine.

  • Faire que les collectivités ciblent des étudiants en médecine pour établir avec ces derniers un mentorat qui permettrait de les accompagner pendant toute leur formation (cartes postales, lettres envoyées, etc.) et « d’adopter » un étudiant (les convier à des événements spéciaux, à un repas d’honneur, etc.).

  • Examiner les moyens à prendre pour aider un médecin récemment diplômé et qui vient s’installer dans la collectivité à réduire son endettement, pour recruter du personnel médical.

  • Voir à ce que les collectivités lancent un programme du genre « Adoptons un étudiant en médecine ».

Nombre de médecins

  • S’assurer que le nombre actuel de médecins qui exercent à Sussex ne diminue pas. Cela pourrait se faire par une stratégie proactive de recrutement des médecins. Certains des médecins actuellement en activité prendront leur retraite au cours des cinq prochaines années.

  • Élaborer et adopter une stratégie pour attirer et maintenir en poste les médecins.

  • Anticiper la situation des effectifs médicaux sur une période de dix ans (et tenir compte des départs à la retraite imminents).

  • Participer à des salons de l’emploi et à des journées d’orientation professionnelle dans les écoles secondaires.

Mesures de soutien

  • Voir à ce que la RRS2 travaille avec les chefs de file de la collectivité pour mettre en place un mécanisme qui soutiendrait un comité de recrutement local. Ce comité pourrait se mobiliser rapidement (communication facile) si un médecin exprimait son intérêt à venir travailler dans la collectivité. Il serait aussi possible de contacter ce groupe pour attirer d’autres catégories de personnel professionnel dans la localité. La collectivité doit demeurer informée et partie prenante de la démarche de recrutement.

  • Formuler des suggestions visant à changer le mode actuel de rémunération des médecins. Les médecins sont sur la pente de l’épuisement professionnel. Ils souhaitent obtenir une meilleure qualité de vie, au travail et à la maison.

  • Obtenir que la ville se mobilise davantage et fasse en sorte que les médecins et les autres professionnels de la santé se sentent très bien accueillis en ville. Il ne doit pas s’agir obligatoirement de mesures d’encouragement financier, mais les mesures retenues doivent émaner de tous les secteurs de la collectivité.

  • Examiner les ressources communautaires et rechercher les débouchés d’emploi pour le conjoint. Il s’agit là d’un élément important de tout effort de recrutement.

  • Examiner les moyens à prendre pour aider un médecin récemment diplômé et qui vient s’installer dans la collectivité à réduire son endettement, pour recruter du personnel médical.

  • Ne pas oublier que le maintien est tout aussi important que le recrutement. Il faut prévoir certaines mesures pour accueillir un nouveau médecin dans la collectivité et l’aider à rencontrer les gens de l’endroit et à participer aux activités communautaires.

  • Offrir du soutien et de l’aide aux médecins résidents qui travaillent à la CSSA.

  • Élaborer et adopter une plan de communication qui accompagne la stratégie de recrutement et de maintien des médecins (et des étudiants en médecine).

  • Organiser une Journée des médecins.

Système et infrastructure

  • Actualiser davantage la négociation en cours avec l’infirmière praticienne candidate (Eastern Charlotte).

  • Travailler à l’élimination des obstacles empêchant les médecins de venir travailler ici (paperasserie, formalités d’immigration, etc.).

  • Encourager le département de médecine familiale de la CSSA à examiner son rôle en matière de recrutement des médecins.

  • Encourager la réalisation des travaux de recherche qui s’imposent pour la création d’un registre des patients qui n’ont pas de médecin de famille (il faudrait examiner le travail accompli à ce chapitre par le comité d’orientation du centre de santé communautaire).

  • Voir à ce que la RRS2 travaille avec les chefs de file de la collectivité pour mettre en place un mécanisme qui soutiendrait un comité de recrutement local. Ce comité pourrait se mobiliser rapidement (communication facile) si un médecin exprimait son intérêt à venir travailler dans la collectivité. Il serait aussi possible de contacter ce groupe pour attirer d’autres catégories de personnel professionnel dans la localité. La collectivité doit demeurer informée et partie prenante de la démarche de recrutement.

  • S’assurer que les efforts d’entretien et de modernisation du centre de santé de Sussex visent aussi bien la structure que le volet technologique. Cela fera bien plus que simplement attirer et maintenir en poste les médecins : il s’ensuivra également de nouveaux services de santé dont tirera profit l’ensemble de la collectivité (service de dialyse satellite, services qui s’adressent aux jeunes, etc.). Cette façon de procéder fera aussi du Sussex Health Centre un endroit tout à fait convenable pour recevoir les stagiaires en médecine.

  • Faire des représentations et soutenir l’établissement d’un centre de santé communautaire à St. Stephen. Il importe d’effectuer un suivi attentif du centre de santé communautaire de Saint John, puis de commencer à faire des représentations dans ce secteur.

  • Poursuivre les efforts de recrutement en cours au sein de la collectivité (comme le comité des ressources en santé de St. Stephen notamment).

  • Améliorer les projets de télémédecine, les tests aux points de service, et les capacités en imagerie diagnostique (Western Charlotte).

  • Préserver une certaine souplesse au CCRM, de manière à tenir compte des besoins particuliers de chaque RRS.

  • Permettre le partage du numéro de facturation par les praticiens qui exercent à temps partiel (femmes en congé et médecins à la retraite).

  • Engager une personne responsable du recrutement qui aidera le docteur O’Brien et fera le suivi auprès des chefs de service et les aidera.

  • S’assurer que les échanges constructifs se poursuivent avec la RRS2 (et avec les collectivités de la région).

  • Voir à ce que la RRS2 fasse des représentations pour obtenir un plus grand nombre de lits de soins de longue durée en situation de crise dans la région.

 


ANNEXE B - EXPOSÉ SOMMAIRE DU RECRUTEMENT PAR SERVICE, DÉPARTEMENT ET ÉTABLISSEMENT (situation observée en janvier 2003)

Définition des situations

Niveau I En crise : Le problème observé porte atteinte à l’accessibilité et à la qualité des soins ou à la stabilité du service.
Niveau II 
:  À risque – S’ils ne sont pas corrigés, les problèmes observés occasionneront de graves difficultés d’ici deux ans.
Niveau III 
:  Situation préoccupante – Problèmes susceptibles de se manifester d’ici 2 à 5 ans. Le service est actuellement stable.
Niveau IV
:  Stable – Aucun problème prévu pour les cinq prochaines années.

SERVICE

 

ÉTAT

RAISON(S)

ÉTABL.T(S)

ÉTAT

Recommandations

Mesures prises

SERVICES DE CHIRURGIE

ANESTHÉSIE

Stable

Des préoccupations persistent; nombre et âge des membres restants du département. Pénurie nationale.

HRSJ & SJH

Stable

Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM

CCH, SHC

Situation pré-occupante

SHC- 1 départ à la retraite en juin 2002; 1 médecin recruté; CCH - personnel vieillissant

CHIRURGIE GÉNÉRALE

Stable

Besoin de recruter un médecin spéc. en chirurgie colorectale.

HRSJ et SJH, SHC

Stable

Offre d'emploi diffusée pour un méd. en chir. colorectale; aucune candidature.

CCH

À risque

Examiner la situation dans une perspective durable.

Offre d'emploi annoncée; aucune candidature.

CHIRURGIE PLASTIQUE

Situation pré-occupante

Personnel vieillissant

HRSJ et SJH

Situation pré-occupante

Lancer le recrutement pour les deux prochaines années.

Un candidat possible.

CHIRURGIE CARDIAQUE

Situation pré-occupante

Personnel vieillissant

HRSJ

Situation pré-occupante

Lancer le recrutement pour les deux prochaines années.

ORTHOPÉDIE5

Situation pré-occupante

Personnel vieillissant

HRSJ et SJH

Situation pré-occupante

Lancer le recrutement pour les deux prochaines années.

Deux nouveaux médecins en poste en février 2003.

UROLOGIE

À risque

Personnel vieillissant

HRSJ et SJH

À risque

Commencer dès maintenant le recrutement. Un départ à la retraite en juillet 2002. Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM.

Deux candidats, dont l'un a reçu une aide financière en vertu du programme de résidence surnuméraire.

OPHTHALMOLOGIE

Situation pré-occupante

2 candidats ont commencé à travailler en août 2001. Le vieillissement du personnel est toujours un problème.

HRSJ et SJH

Situation pré-occupante

Les ophtalmologistes ne peuvent recevoir une subvention d'emplacement. Demande présentée pour que le CCRM et le MSME interviennent.

OBSTÉTRIQUE

Stable

HRSJ

Stable

Deux nouveaux médecins engagés. Recrutement prévu pour une période de 3 à 5 ans.

OTORHINO

Situation pré-occupante

Pénurie à l'échelle provinciale et nationale.

HRSJ

Situation pré-occupante

Il faut recruter un quatrième spécialiste. Lancer le recrutement pour les deux prochaines années.

CHIRURGIE VASCULAIRE

Situation pré-occupante

Personnel vieillissant et problèmes à l'échelle de la province.

HRSJ

Situation pré-occupante

Il faut une mesure provinciale pour stabiliser et corriger le problème des services de garde.

Un candidat possible est à la recherche d'un parrainage pour une bourse.

NEUROCHIRURGIE

Situation pré-occupante

Problème d'âge et d'attrition. Longues listes d'attente pour les évaluations.

HRSJ

Situation pré-occupante

Recruter dès cette année. Il est préférable d'avoir 4 chirurgiens en service de garde. Élaboration de l'ébauche d'un programme provincial qui sera présenté au MSME.

SERVICES MÉDICAUX

MÉDECINE GÉNÉRALE (INTERNE)

À risque

Besoins accrus de soins en établissement afin de mieux utiliser les ressources.

HRSJ

À risque

Commencer le recrutement. Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM. Autres postes à créer pour soutenir le programme de responsable de l'hospitalisation.

CARDIOLOGIE

À risque

Personnel vieillissant. Demandes croissantes de service; programme provincial.

HRSJ

À risque

Commencer le recrutement. Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM. Une démission.

Cabinet de personnel engagé pour aider au recrutement.

CARDIOLOGIE (INTERNE)

À risque

Pénurie nationale en cardiologie.

HRSJ

À risque

Deux candidats seront de retour au travail dans 4 ans. Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM.

Cabinet de personnel engagé pour aider au recrutement.

MALADIES INFECTIEUSES

Stable

Deux candidats recrutés.

HRSJ

Stable

ENDOCRINOLOGIE

Stable

Candidat en fonction depuis janvier 2001.

HRSJ

Stable

NÉPHROLOGIE

Stable

Nouveau poste créé par le CCRM. Candidat en fonction depuis septembre 2001.

HRSJ

Stable

NEUROLOGIE

À risque

HRSJ

À risque

Un neurologue va démissionner. L'affectation au service de garde est préoccupante.

GASTROENTÉROLOGIE

À risque

Personnel vieillissant.

HRSJ

À risque

Commencer le recrutement pour la transition au cours des 3 à 5 prochaines années. Personnel vieillissant.

RHUMATOLOGIE

Stable

Un membre du personnel a été en congé d'un an; revenu en janvier 2002.

HRSJ

Stable

GÉRIATRIE

Situation préoccupante

Vieillissement de la population, pénurie nationale, membres du personnel qui partent à la retraite.

HRSJ & SJH

Situation préoccupante

Nouveau médecin en poste depuis janvier 2003. Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM.

PNEUMOLOGIE

Situation préoccupante

Personnel vieillissant.

Situation préoccupante

Il faut envisager un recrutement d'ici 2 à 5 ans.

HEMATOLOGIE

Stable

Stable

ONCOLOGIEMÉDECINE

En crise

Charge de travail qui augmente, pénurie régionale et nationale.

En crise

Il faut recruter et examiner les possibilités de collaboration entre les régions. Engagement de 1,8 ETP comme associé clinique afin de mieux gérer la charge de travail; 1 médecin engagé comme boursier en service clinique, sous réserve de la délivrance d'un visa de travail, février 2003.

ONCOLOGIERADIATION

À risque

Charge de travail qui augmente. Personnel vieillissant, pénurie nationale.

À risque

Il faut recruter. Problèmes importants d'échelles salariales. Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM.

DERMATOLOGIE

Situation préoccupante

Longues listes d'attente.

Situation préoccupante

Plan de recrutement pour les 2 à 5 prochaines années.

RADIOLOGIE DIAGNOSTIQUE

Situation préoccupante

Demande croissante, besoins provinciaux, pénurie nationale.

Situation préoccupante

Nouveau radiologiste en poste en mars 2003. Il faut un plan de recrutement pour les 2 à 5 prochaines années.

MÉDECINE FAMILIALE

En crise

  • · Personnel vieillissant. Réduction de l'accès de la collectivité aux soins. Pénurie nationale, problèmes de rémunération et de modèles de soins. 
  •  Un certain nombre de médecins ont fermé leurs bureaux de médecin pour travailler comme assistants en salle d'opération, et assurer le service de garde aux soins intensifs ou à l'urgence.

HRSJ et SJH

En crise

Il faut recruter et mettre en place de nouveaux modèles de prestation des soins primaires. Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM.

CCH

À risque

Il faut recruter un autre médecin. Un médecin a quitté St. Andrews en juin 2002.

SHC

Situation préoccupante

Nouveau candidat qui espère commencer à travailler en juillet 2003.

FUNDY

En crise

Il faut recruter et mettre en place les nouveaux modèles de prestation des soins primaires. Un médecin est parti à la fin de mai 2002.

GRAND

MANAN

Stable

Un nouveau médecin en poste depuis sept. 2001. Grand Manan a maintenant 2 médecins, dont un qui doit faire moins d'heures de bureau.

MÉDECINE DE LABORATOIRE

Situation préoccupante

Situation préoccupante, relativement à la pénurie nationale. Le barème provincial des honoraires est le principal obstacle au recrutement. Un pathologiste a quitté le service en octobre 2001.

HRSJ

Situation préoccupante

Toujours préoccupant, car il y a un très fort taux de rotation du personnel dans le département.

MICROBIOLOGIE

À risque

Il faudrait coordonner la dotation avec le service des maladies infectieuses. Des problèmes croissants se posent au chapitre de la résistance aux nombreux médicaments.

À risque

Demande formulée pour corriger les chiffres du CCRM. Il faut un microbiologiste médical.

PÉDIATRIE

Stable

Stable

SERVICES D'URGENCE

URGENTOLOGIE

À risque

Pénurie nationale et problèmes de rémunération en ce qui concerne le programme d'enseignement et de soins tertiaires.

HRSJ

Stable

Projet de recruter un médecin agréé FRCPC en urgentologie.

MÉDECINE FAMILIALE

À risque

La dimension de la médecine familiale est essentielle dans le contexte des soins en région rurale et dans les petites localités.

SJH

À risque

Il faut s'assurer de l'engagement des nouvelles recrues en médecine familiale.

SHC

À risque

Il faut évaluer de nouveaux modèles de soins primaires, compte tenu de l'élargissement du rôle des infirmières. Le médecin de famille ne travaillera plus au service des urgences.

CCH

À risque

Il faut évaluer de nouveaux modèles de soins primaires, compte tenu de l'élargissement du rôle des infirmières. Le médecin de famille ne travaillera plus au service des urgences.

FHC

À risque

Il faut évaluer de nouveaux modèles de soins primaires, compte tenu de l'élargissement du rôle des infirmières.

Source : S. Woodhouse/W. Steele, CSSA

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